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jeudi 25 février 2016

Merci Patron !

J'avais jamais vu la grande salle de ciné du TNB pleine à craquer et ses 400 spectateurs debout à la fin de la séance pour applaudir un film. C'était à l'avant-première à Rennes de l'incroyable "Merci Patron !" de François Ruffin. Voici ce qu'en a dit Le Canard enchaîné.


vendredi 27 juin 2014

Petite expérience anodine : je me rends sur le site de l'UMP, je tape "Copé" dans le champ "Recherchez sur le site" et devinez ce que me retourne le moteur de recherche ?
  • La biographie (on peut ajouter des guillemets à biographie) de Jean-François Copé, en date du 16 juin 2014 et où l'on apprend notamment que ledit Copé a été président de l'UMP de novembre 2012 à juin 2014 (pourquoi ne l'est-il plus, mystère...),
  • Quelques extraits de passages de Jean-François dans des émissions de radio, dont la plus récente date du 31 mars 2014.
Il ne s'est donc rien passé dans l'actualité nationale en rapport avec JFC depuis mars 2014. C'est bizarre, j'aurais juré que... Non, je dois me tromper, ces gens-là sont forcément mieux informés que moi.

mercredi 25 juin 2014

30 juin : camping géant place de la mairie à Rennes

Je relaie ce post du collectif "Un toit c'est un droit" :

Chers amis,
C'est l'histoire d'une catastrophe annoncée : les migrants du squat de l'église Saint-Marc, évacué en janvier dernier, viennent de recevoir l'avis de leur fin de prise en charge par la préfecture. Cela signifie concrètement que :
Le lundi 30 juin, une soixantaine de personnes va se retrouver à la rue (parmi lesquelles une bonne moitié d'enfants et quelques bébés).
Il leur a été demandé de se rendre à la PADA (plateforme d'accueil des demandeurs d'asile) pour solliciter un hébergement, mais cette structure ne dispose d'aucune place d'hébergement d'urgence et leur a conseillé ce matin d'appeler le 115 … dont nous savons déjà qu'il est complètement saturé !
Ces personnes n'auront donc pas d'autre choix, ce soir-là, que de dormir dehors.
Pour manifester votre solidarité mais aussi pour exiger le respect du code de l'action sociale (toute personne en situation de détresse doit pouvoir être mise à l'abri), l'association « Un toit c'est un droit » vous invite à venir les rejoindre : place de la mairie à Rennes à 19 h, pour une heure, deux heures ou pour la nuit.
Nous aurons besoin de duvets, de couvertures, de tentes, de boissons et de nourriture.
Nous comptons sur vous pour diffuser largement l'information et mobiliser dans vos structures respectives : ces personnes sont toutes des sans-papiers et le nombre de militants et citoyens présents est leur seule garantie de sécurité dans cette action.

lundi 3 mars 2014

À propos de la manifestation du 22 février 2014 à Nantes

Je reproduis ici un texte collectif anonyme, à propos de la manifestation du 22 février 2014 à Nantes, et de la lutte contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (et son monde). L'original se trouve .

Nous sommes des voix anonymes de cette manifestation. Nous n’accepterons pas que les mots prémâchés des médias nous volent la mémoire de cette journée. Nous ne succomberons pas aux pressions et aux mensonges de politiciens qui veulent juste nous diviser et rêvent de nous voir disparaître. A nous d’écrire notre histoire. Voici une collecte de récits et ressentis de cette journée. On vous appelle à les diffuser et à faire de même.

La manifestation commence pour certain dès 7h du matin par des convois de tracteurs qui arrivent par les voies rapides ou les départementales. Le cortège parti de Vannes compte 150 tracteurs, celui de Rennes pas moins de 80. Ceux qui sont partis de là-bas invitent ceux qui les croisent en sens inverse sur la 4 voies à écouter radio bouchon, une radio pirate qui diffuse des émissions sur l’histoire des luttes paysannes. Tous les paysans ont mis la plaque d’immatriculation de Jean marc Ayrault sur leur véhicule. Depuis la zad, pas mal de gens sont partis avec les tracteurs. Dans les villages, au passage des convois, de nombreux riverains sont sur le pas de leur porte et applaudissent.
Au final, 5 convois se rejoignent sur le périph’ nantais et viennent se positionner directement square Davier, au point d’arrivée de la manifestation. On dénombre 520 tracteurs, l’équivalent d’un cortège de 3,5km, on va dire 4 avec les remorques. On peut lire sur pas mal d’entre eux "tracteurs vigilants", le signe qu’ils sont prêt à venir sur la zad ou à entrer en action à coté de chez eux en cas de besoin, pour empêcher des travaux, défendre les champs et les maisons. Une trentaine de tracteurs rejoint le Pont Morand point de départ de la manifestation. Là-bas, dès 12h des cantines collectives accueillent les comités locaux arrivés de partout dans une soixantaines de bus. Pas mal de monde est logé chez des Nantais-e-s ou dans les villages alentours. Dès la veille, le local de Vinci était déjà recouvert d’une inscription et on voyait des personnes arpenter les rues de la ville avec des sac à dos et panneaux pour la manifestation.

Vers 12h30 un groupe débarque en radeau fait main, le long de l’Erdre, avec une banderole "résistance et sabordage". Tout au long de leur dérive, ils disposent au milieu de l’eau des drapeaux anti-aéroport sur flotteur. Pendant ce temps, quelqu’un fabrique une cabane dans un arbre à 30 mètres de la Préfecture, rappelant celles qui ont marqué la résistance dans la forêt de Rohanne en novembre 2012, sur la zad.

Depuis la veille, la préfecture met en place des grilles anti-émeutes partout autour du centre-ville, qu’elle a choisit, au dernier moment, de rendre inaccessible aux anti-aéroports. Une prise de parole initiale annonce que même si le Préfet a l’air d’avoir peur de nous, « ça ne va pas nous empêcher de manifester ». Des nantais nous témoignent qu’il leur est interdit de rentrer chez eux. Il y a des contrôles un peu partout. Au coin d’une rue, une personne se fait piquer la binette avec laquelle elle est venue défiler.


A 13h15, au début, on a peu peur : on a l’impression de ne pas être aussi nombreux que prévu. Et puis assez vite, ça converge de partout. Il y a un afflux massif. La manif se révèle immense, avec pas mal de gens qui n’étaient sûrement jamais venus montrer, dans la rue, leur refus de l’aéroport. Jusqu’à 14h30, la queue de manif n’a pas fini de partir de Pont Morand et la tête de manif est déjà au niveau des machines de l’île. Il y a alors plus de 3km5 de manifestation continue sur des artère forts larges. Pendant ce temps des tracteurs remontent par l’autre coté de la zone rouge. Nous sommes des dizaines de milliers. C’est la plus grosse mobilisation anti-aéroport à ce jour et personne à Nantes ne peut ignorer sa présence dans la ville. Depuis le début du cortège ont voit arriver des chars : une salamandre jaune et noire de 15m se dandine tranquillement. Un tracto-triton géant ronronne. De très nombreux masques d’animaux marquent le refus de la destruction des espèces et des mesures dites de compensation. On se délecte des centaines de panneaux faits main avec des slogans aussi drôles qu’imaginatifs. Sur un mode plus mégalo, une banderole géante est déployée depuis le haut des immeubles, d’un coté à l’autre de l’avenue de Strasbourg en soutien à ceux qui se battent contre la construction d’une ligne à grande vitesse dans le Val de Susa. Le 22 février est aussi une journée internationale de soutien aux personnes accusées là-bas de terrorisme et qui risquent jusqu’à 20 ans de prison pour s’être attaqués à un chantier. Au-delà de l’aéroport, la manifestation se connecte très visiblement avec un tas d’autres luttes contre l’aménagement marchand, sécuritaire et gestionnaire du territoire. Tout au long du défilé, pas mal de personnes s’emploient à donner une autre couleur à la ville et à en marquer certains points particuliers. Du marqueur à l’extincteur en passant par les œufs de peinture, collages d’affiches et sprays. On découvre d’ingénieux mécanismes pour reproduire à l’infini un pochoir "la police tape la police tape la police tape la police tape la police tape la police...". La mairie, un tribunal, un commissariat, des caméras de vidéosurveillance, les grilles anti-émeute et les flics derrières sont redécorés. Sur un mur repeint, il ne reste bientôt plus que la trace de leurs silhouettes en gris sur fond de blanc dégoulinant. Sans surprise, le commerce Vinci immobilier, situé en début de manifestation, focalise les énergies débordantes et ne survit pas au passage d’autant de personnes qui tiennent à marquer leur animosité vis à vis du projet d’aéroport. Au fil du défilé, l’enseigne s’est fait peindre, puis ouvrir, puis repeindre, puis casser, puis rerepeinte. Les maquettes et mobiliers ont été déménagés. Il servira même à la fin de la journée de décor pour photos souvenirs de manifestants en famille avec panneaux et calicots.
Un peu plus loin, des personnes amorcent un fumigène sur la voie ferrée pour avertir les trains de ne pas passer sur les voies. Ils invitent ensuite ceux qui le souhaitent à lancer des chaussures sur les caténaires. Cette action surprise désigne le rôle de la Sncf dans la construction ligne à grande vitesse Lyon-turin dans la val de Susa.

L’ambiance sonore évolue au fil de la manif. Un groupe tout de rose vêtu forme une grande batukada "rythm of resistance", réunissant des formations de divers endroit qui se cale sur des canevas communs. Un peu plus loin, des rappeurs de la zad et d’ailleurs se relaient sur un tracteur et mettent en mot cadencés une critique sociale et des rages partagées.

Autour d’un isoloir ambulant plein de déguisements, une sono marque des pauses sur le trajet et met en lien un certain nombre d’enseignes avec l’aéroport et son monde. Elles mettent en regard le tourisme, le renforcement des frontières et les expulsions, les rapports nord-sud et invitent à venir faire des pochoirs.

Plus loin encore, une foreuse et une pelleteuse sont incendiées. Des manifestant-e-s désapprouvent, mais on entend aussi pas mal de "bien fait pour eux !", surtout quand certains comprennent qu’il s’agit d’un chantier Vinci.

Il y a tellement de monde et tout est tellement tellement étalé qu’il est impossible de comprendre tout ce qui se passe.

Au niveau du croisement des trams, l’avant du cortège constate que le cour des 50 otages est bel et bien bloqué par des grilles anti-émeutes, ce qui, même selon les vieux militants nantais les plus aguerris, n’est jamais arrivé. Au lieu de s’arrêter comme prévu au square Daviais, la tête de cortège fait un pied de nez au préfet. 2 tracteurs contournent rapidement quelques véhicules de police et viennent se placer sur le pont Ododin. Quelques milliers de personnes entament alors un trajet annexe sur l’île Beaulieu, un point symbolique de la métropole et de la gentrification, avec ses pépinières d’entreprises high-tech, ses artistes dociles et ses grosses machines, son tribunal mégalo, le centre du FNAEG où sont collectés les fichiers ADN. Cela n’a pas l’air d’amuser tellement plus les autorités qu’on aille se balader là-bas et au bout d’un moment, alors que le cortège se distend un peu la police referme le pont et interdit le passage.

Pendant ce temps, cela s’agite du coté des grilles anti-émeutes à Commerce qui sont ressenties par beaucoup comme un affront. Même si le dispositif policier a l’air solide, on reste pour marquer sa colère vis à vis de l’interdiction de manifester, de l’entêtement du gouvernement et de ses menaces de revenir sur la zone pour tout détruire, ou pour leur montrer qu’on peut être fort face à eux. D’abord des personnes tapent à main nues sur les plaques de plexi et grillage en se moquant des bleus derrière. Puis, dans un geste de défi, des tracteurs vont se mettre face aux grilles. Ça s’emballe petit à petit, des projectiles partent. En face, ça répond vivement - avec des grenades assourdissantes, lacrymogène et tirs de flashballs à gogo. Le préfet a l’air de vouloir donner une petite démonstration expresse du bordel qu’il est venu mettre dans le bocage pendant plusieurs mois avec l’opération César. Ses canons à eau s’évertuent, en continu, à recréer une zone humide à l’intérieur même de la ville. En face, une partie des manifestants ne se laissent pas compenser, ni déplacer. Pendant plus de 2h des gens attaquent les grilles, déterrent des pavés, lancent ce qui leur tombe sous la main. Un tracteur s’amuse un moment à bloquer le jet du canon à eau. Un peu plus tard, des grappins sont arrimés au grilles et des dizaines de personnes tirent. En contrepoint aux explosions des grenades jetées par la police, un feu d’artifice lancé par quelqu’un dans la foule, pour la beauté du geste, illumine le ciel. Tout autour, des milliers de manifestants restent là plutôt tranquillement, sans forcément prendre part activement aux affrontements mais sans s’affoler pour autant. Régulièrement, des centaines de voix s’élèvent pour reprendre en chœur « Non à l’aéroport ! » et accompagnent ceux qui courent sur les grilles. Beaucoup discutent, commentent, boivent un coup, se retrouvent, rient ou s’enthousiasment malgré les yeux humides de lacrymogènes.
Un bureau de contrôleurs de la TAN (transport de l’agglomération nantaise) disposé entre deux voies de tram part en flamme, un peu plus loin, la vitrine d’un magasin "nouvelle frontières" tombe, et le commissariat à l’angle se fait repeindre, ouvrir et retourner. Un appel est fait pour venir y faire la fête.
Les tracteurs resté pas loin des grilles ne sont pas dans une situation évidente au beau milieu du chahut et se retirent petit à petit.

Depuis 15H30, à 300 mètres de là et malgré les détonations, des milliers d’autres personnes sont réunies plutôt tranquillement autour des prises de parole qui débutent. Pas mal de monde fait des allers et retours. Des paysans de COPAIN ont commencé à creuser une mare sur le square pour concurrencer la Préfecture. Plus loin en arrière, une partie de la manifestation stagner sans toujours trop comprendre ce qui se passe.
Vers 18h, tout le monde se regroupe le temps d’une petite boum sur le square Davier. Il y a de la joie ! On passe de Paint it black a du gros son techno et la foule danse tandis que les camions grillagés et canons à eau avancent petit à petit au rythme des charges de CRS, pour vider la place. Les tracteurs partent. Quelques milliers de personnes s’attardent et défient encore un peu la police qui mettra deux bonnes heures de plus à évacuer tout ce monde. Ils ne font pas de cadeaux et les blessés graves s’additionnent : mâchoire défoncée, nez retourné. L’un d’eux qui s’est pris une grenade en tir tendu, perdra son œil le lendemain.

En échangeant avec les uns et les autres sur le chemin du retour, il est clair que toutes les initiatives prises lors de cette manifestation n’ont pas été consensuelles. Elles ont pu soulever des malaises et débats autant qu’une enthousiasme débordant. Pour autant, nous n’avons senti à aucun moment une foule paniquée et divisée, mais bel et bien un mouvement commun, composite et solidaire rappelant la façon dont des formes hétérogènes de résistances aux expulsions ont pu cohabiter pleinement pendant une journée décisive comme le 24 novembre 2012 dans la forêt de Rohanne. Le soir même, ce qui ressort, chez toutes celles et ceux qu’on croise, est la force donnée par l’élan de la journée.
Pour le pouvoir, une manifestation telle que celle-ci, dans toute sa diversité est absolument insupportable. Pas tant peut-être pour les quelques vitrines endommagées et machines de chantier ciblées, pour les agents de police contusionnés et barricades édifiées que pour la masse de personnes que ça n’avait pas l’air d’offusquer plus que ça sur le moment. Il est d’autant plus intolérable pour les autorités que les organisateurs de la manifestation refusent de tomber dans leur piège et constatent dans un communiqué commun le soir même «  La préfecture avait choisit de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin.
Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti- aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ?

Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport ! ».
Dès le lendemain, le rouleau compresseur politique, le préfet, Ayrault et Valls réunis tentent désespérément de diviser le mouvement, d’en isoler une fraction et de la stigmatiser. Il s’agit de désigner les occupant-e-s de la zad comme les gardiens d’un « camps d’entraînement la guérilla urbaine » ou comme « un mouvement armé » sur le thème du "kyste » maléfique à éradiquer... La recette est classique : incapables d’accepter l’idée qu’une colère vis à vis de la répression policière et des promoteurs de l’aéroport puisse se diffuser, ils désignent de fantasmatiques groupes de black blocs manipulateurs et étrangers, et envoient leurs experts vomir un monceau de caricatures grossières sur le sujet que Libération et d’autres reprennent sagement en les présentant comme des « enquêtes ». Ils ont beau chercher à se donner des leviers pour revenir expulser et pouvoir taper très fort sur certain-e-s pour tenter de faire peur à tous les autres, comme dans le val de Susa. Ils savent pourtant bien que sur le terrain et au-delà, la colère pourraient être plus forte et plus partagée encore si ils s’entêtaient à lancer une seconde opération « césar ».
Sans peur du ridicule, toute la presse en chœur, nous parle de Nantes "dévasté". On s’attend à un champs de ruines à perte d’horizon. En réalité les quelques transformations imposées au mobilier urbain n’ont pas eu l’air d’empêcher les nantais-e-s de se balader longtemps où que que ce soit. Si on doit vraiment parler de « dévastation » et de « violence », peut-être pourraient ils dire aussi quelques mots des maisons dévastées, des champs saccagés et des dizaines de personnes gravement blessées par plus de 1200 policiers sur la zad, pendant les 5 mois qu’a duré l’occupation policière. Peut-être devrait-on rappeler que le Préfet vient de signer des arrêtés de démarrage des travaux et prétend aujourd’hui revenir vite et pour tout détruire définitivement. On nous demande aujourd’hui de rejeter toute idée de violence et de nous désolidariser de ceux qui brûlé leur machines, cassé leur vitrines, assailli leurs dispositifs. Mais personne ici n’oublie que si nous nous étions contenté de nous asseoir en travers de la route et de discuter quand ils ont débarqué le 16 octobre 2012, il n’y aurait aujourd’hui plus personne pour parler de la zad. Elle n’existerait sans doute déjà plus.
Les journalistes, fascinés par les "affrontements" autant qu’il les rejettent, diffusent la peur, créent des catégories, cherchent à dérober nos souvenirs. Cela peut paraître impressionnant, mais c’est loin d’être la première fois dans l’histoire de ce mouvement, et.cela ne l’a jamais empêché de rebondir et de se renforcer. La chape de plomb qu’ils essaient de faire retomber sur cette manifestation ne nous fera jamais oublier la vitalité de cette journée, le ravissement de se sentir aussi nombreux-ses, les sourires et la colère partagés. Quoi qu’ils en disent, cette manifestation était un moment rare et précieux, une étape majeure dans cette lutte.

L’aéroport ne se fera pas !

lundi 6 mai 2013

Néo cons

« Ce que la pensée conservatrice a de plus frappant, c’est sa vision moraliste des urgences politiques. Pour ceux qui la propagent, le problème principal de nos sociétés n’est pas l’accroissement considérable des inégalités de richesse et de pouvoir, le traitement inhumain des immigrés sans papiers, ou les atteintes à la vie privée par le fichage clandestin et la surveillance illégitime des communications. Non. Ce qui les préoccupe, c’est l’effondrement d’un certain ordre moral fondé sur le goût de l’effort, le sens de la hiérarchie, le respect de la discipline, le contrôle des désirs, la fidélité aux traditions, l’identification à la communauté nationale, et la valorisation de la famille « naturelle » et hétérosexuelle. Logiquement, la priorité, pour les conservateurs, n’est pas d’améliorer la condition économique des plus défavorisés, ou de mieux protéger les droits et les libertés de chacun. Elle est de restaurer cet ordre moral.»
Ruwen Ogien, philosophe et auteur de La Guerre contre les pauvres commence à l’école : sur la morale laïque.

Le meilleur des mondes

Amazon est une des saloperies capitalistes que je n'utiliserai plus. Oui, je sais, j'en utilise d'autres - superbe argument de ceux qui jamais ne se bougeront le tchul pour autre chose que leur propre fauteuil - mais il faut lire ce petit reportage sur le travail chez Amazon, terrifiant comme l'époque que nous vivons.

lundi 1 avril 2013

Révoltes poétiques


Je ne sais pas pourquoi, cette photo prise à Notre-Dame-des-Landes me fait penser à Crazy Horse, Sitting Bull et tous ces idéalistes magnifiques qui, au gouvernement américain, aux chercheurs d'or et à la cavalerie, opposaient leurs pauvres arcs et leur soif de justice. Ça avait de la gueule, comme cette cabane.
(l'article source est ici).

mercredi 6 février 2013

CQFD, dix ans, toutes ses dents mais plus un rond !

« Quand tous les canards indépendants auront été virés du circuit, quand les kiosques auront été remplacés par des boutiques Relay exclusivement dédiées aux programmes télé, aux DVD sous blister, aux cours de la Bourse, au péril islamique, aux régimes minceur et aux éditos de Christophe Barbier, sûr que la presse française aura fait un grand pas vers la "sortie de crise" ».
Ce texte est un extrait de l'appel à l'aide lancé par CQFD, un des seuls journaux libres de notre belle « démocratie » et un des derniers encore debout. Sauf qu'il va tomber d'ici quelques semaines si on ne fait rien.
« Pour nous renflouer à un niveau opérationnel, il nous faut réunir cent mille euros (oui, 100 000 euros). Pour relancer la machine, repartir à l’abordage et éditer de nouveaux livres. C’est jouable avec seulement quelques milliers de chèques de cinq, dix, vingt euros...»
Pour ma part, je vais me fendre d'un nouvel abonnement et sans doute ajouter un chèque de soutien. Si on se bougeait tous le tchul et le porte-monnaie, juste un peu ?
Détails pratiques et édito complet de CQFD ici.

mardi 6 novembre 2012

Larzac, Plogoff, Notre-Dame-des-Landes


Le 17 novembre , tous radicalement opposés à l'aéroport !
La radicalité de l'opposition c'est l'affirmation déterminée qu'il n'y aura jamais d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le mouvement anti-aéroport est au plus fort et prend de l'ampleur. Colère et solidarité s'expriment ici comme ailleurs. Tous les rassemblements et actions menés depuis quatre semaines contre Vinci et le PS sont, entre autres, partie prenante de la lutte. Prises de court, préfecture et autorités locales tentent de diviser « bon-ne-s » et « mauvais-e-s » opposant-e-s. Elles criminalisent une partie de l'opposition, pour faire peur et dissuader d'autres personnes de rejoindre le mouvement. Dans les faits, la réalité est bien différente : ces manipulations grossières n'ont pas de prise et les soutiens se multiplient. Le 17 novrembre à 11h, c'est de Notre-Dame-des-Landes que le cortège prendra son départ pour une manifestation de réoccupation unitaire et populaire, réunissant des opposant-e-s d'horizons divers mais solidaires. « On ne lachera rien, on ne se laissera pas diviser ! »
Le collectif de préparation du 17 novembre - Contact presse : 06 65 67 76 95 - Infos en continu ici : https://zad.nadir.org/

jeudi 7 juin 2012

Business

J'aime bien écouter BFM le soir en préparant le repas. Entre deux nouvelles super importantes sur la marge opérationnelle du Club Med ou les tribulations de Saint-Gobain à la Bourse de Paris, on y entend immanquablement cette phrase : « Quel signe attendent les Marchés ? » (avec une majuscule à Marchés parce qu'il va sans dire que le type dans la radio ne s'inquiète pas de savoir si j'ai fait bonjour de la main au marchand de légumes bio de mon marché de quartier).
Quand je dis « J'aime bien », je m'entends... Je serais plus près de la vérité si je disais « Je hais ». M'enfin j'ai un don inné pour positiver et l'emploi à tout-va par les chroniqueurs de BFM de cette tournure de phrase (« Quel signe attendent les Marchés ? ») éveille systématiquement chez moi l'espoir utopique d'entendre un jour dans mon poste : « Quel signe attendent les chômeurs ? »
C'qu'on peut être bête.

samedi 7 janvier 2012

La dette, c'est chouette !

Crapules flamboyantes
« - Il faut répondre à la crise par le travail et par l'effort.
-
C'est un ajustement par le haut qui préservera votre niveau de vie.
- Nous devons continuer à réduire les effectifs de la fonction publique.
- Il faut réduire nos déficits en supprimant nos mauvaises dépenses.
- La réforme du financement de notre modèle social est devenue une urgence absolue.»
 


La logorrhée ultra-libérale
de Nicolas Sarkozy (le 1/12/2011 à Toulon) me met dans tous mes états et pourtant elle n'a rien d'extraordinaire, ce monsieur ne faisant que répéter l'ordonnance prescrite par les « marchés financiers ». Mais bon, rien ne sert de s'énerver, hein, mieux vaut peut-être essayer de comprendre, quitte à continuer à pigner, d'accord, mais moins con. 


N'ayant pas la télé
, j'ai la chance d'avoir plus de temps pour m'informer (ah ben oué, hein, faut choisir) et voici quelques exemples d'informations toutes récentes, que j’ai glânées ou qu’on m’a signalées. Bien foutues et simples d'accès, elles ont toutes les cinq pour sujet la dette publique.
  1. Un dessin animé génial qui tourne sur le Net (« La dette, c'est chouette », et c'est pas compliqué),
  2. Un bouquin : « 20 ans d'aveuglement », qu'on m'a offert à Noël. Court, passionnant et à la portée de tous (j'ai pas encore fini mais je comprends tout, t'as qu'à voir). 
  3. Le dernier numéro de Fakir, mon journal préféré. Spécial Crise de la dette.
  4. Un 4-pages d'Attac sur la question (à télécharger sur cette page).
  5. Deux émissions excellentes de « Là-bas si j'y suis », intitulées « Les économistes de garde » sur le traitement de la question de la dette publique dans les médias. C'est ici et .
C’est à faire tourner sans modération en cette année d'exercice de la « démocratie ».

mercredi 27 juillet 2011

On rigole on rigole…

Mon copain Philippe (le photographe disert dont les œuvrettes sont en lien ci-contre) a le pressentiment que les mouvements populaires récents dont nos méga-médias ont tout fait pour ne pas rendre compte, vont aboutir à quelque chose de bien explosif cet automne. J’aimerais te croire, mon Phiphi (purée sa race, dans leur face à tous ces chacals !)

lundi 21 février 2011

Sales bêtes !

Il faut vraiment ne pas savoir quoi foutre pour se préoccuper du sort de vulgaires bestioles, quand on sait tout le mal qui, sur notre belle planète, est fait chaque jour à l'être humain.
Les bœufs* qui profèrent ce genre d'ânerie* sont sans doute difficilement accessibles à tout sentiment de compassion envers qui est à la fois vivant, doué de sensibilité et mangeable. Moi si, et même si je continue à ingérer de la viande, c'est de moins en moins souvent et en essayant de sélectionner mes achats en fonction de la façon dont les bestioles que j'ingurgite auront été conduites à la mort.
Bref, voici un énième film à voir en se bouchant les yeux, les oreilles et le nez. Conseil aux récalcitrants : imaginez qu'à la place de dindons, il s'agisse de votre chat/chien.
C'est ici, chez L214, une asso d'inconscients qui osent se préoccuper du sort de vulgaires bestioles etc.
Bon appétit à tous.

* Pardon aux animaux susnommés, pour l'amalgame diffamatoire.

mercredi 12 janvier 2011

Le journalisme qui pue des pieds

Nicolas Demorand, journaliste à Europe 1, est un cuistre. Prompt comme nombre de ses confrères à servir la sou-soupe à ses maî-maîtres, il a par contre la main lourde face à tout ce qui n'est pas au pouvoir.
Amoureux de la faux-dercherie en bonne et due forme, lisez-moi ce texte de l'Observatoire des médias et matez-moi la vidéo qui va avec (sous réserve qu'Europe 1 n'obtienne pas sa suppression, demandée pour l'instant non officiellement).
C'est ici.

mardi 14 décembre 2010

Chochotteries

J'adore les journalistes français. Ceux de la grande presse. Leurs avis d'experts m'éclairent toujours sur tout, c'est vachement pratique. En 2005, y m'ont dit de voter pour la Constitution européenne, purée, j'ai sauté sur un isoloir pi ni une ni deux j'ai voté contre. En 2010, y m'ont dit et redit que c'était vachement mal de faire grève contre la réforme des retraites, qu'y fallait être réaliste et tout ça, putain, j'ai fait grève, chuis allé manifester pi j'ai bien djeulé, tout comme y fallait pas. Y z'ont un avis sur tout, les journalistes français.
Enfin sur tout, façon de parler paske qu'est-ce que j'apprends aujourd'hui sur le site d'Acrimed ? (les journalistes français m'ont expliqué dix fois qu'Internet c'était le mal alors tu penses bien que chuis toujours fourré devant mon écran) Eh ben j'apprends que les journalistes de « Le Monde » (journal hyper sérieux, déconnez pas), ont des pudeurs par rapport à ce que raconte en ce moment le site Wikileaks. Y z'osent pas en parler, ces cons-là...

Il s’avère néanmoins que Le Monde a « oublié » un câble adressé au secrétariat d’État états-unien par l’ambassade des États-Unis à Paris. C’est le câble 07PARIS306, consultable (en anglais) sur le site WikiLeaks. À l’heure actuelle, Le Monde ne s’en est pas fait l’écho. C’est bien dommage. On découvre en effet dans ce document, qui traite des « communautés musulmanes en France », l’instructif point de vue de l’ambassade à Paris sur les médias français. Entre autres :

« 17. Les grand journalistes français sont souvent issus des mêmes écoles d’élite que de nombreux responsables gouvernementaux. Ces journalistes ne considèrent pas nécessairement que leur rôle premier soit de surveiller le pouvoir exécutif. Nombre d’entre eux se voient plutôt davantage comme des intellectuels, et préfèrent analyser les événements et influencer leurs lecteurs plutôt que de rapporter les événements.

18. Le secteur privé des médias en France (presse écrite, TV et radio) continue d’être dominé par un petit nombre de conglomérats, et l’ensemble des médias français sont davantage régulés et soumis aux pressions politiques et commerciales que leurs homologues américains. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, créé en 1989, nomme les dirigeants de l’ensemble des chaînes de télévision et stations de radio publiques et surveille leur contenu politique.

19. L’accès à Internet se développe de manière continue en France, notamment chez les jeunes générations, et remplace rapidement les médias traditionnels. Toutes les grandes chaînes de télévision et stations de radio ont leur propre site Internet, tout comme les grands organes de presse écrite. Les blogs sont un moyen de communication de plus en plus populaire pour les minorités et les ONG, qui les utilisent pour exprimer des opinions qu’ils estiment ne pas retrouver dans les médias traditionnels ».


Purée, je serais un journaliste français de la grande presse, j'y démonterais la djeule, à Kiki Leaks.

samedi 3 juillet 2010

Violences

Et voilà : comme prévu. On s'est énervés. On a crié. Et c'est nous qui apparaissons comme violents. C'est toujours la même histoire : quand on a pour soi la force des choses - et ils ont pour eux la force des choses, ils ont pour eux l'argent, les médias, le pouvoir - quand on a pour soi la force des choses, on n'a pas besoin de la force des mots. Nous n'avons pour nous que la force des mots et crions un peu fort, et nous parlons de révolution, et c'est nous qui paraissons donc agressifs. Alors que, jusqu'à maintenant, on n'a provoqué aucun suicide parmi le conseil d'administration de Casino, aucun suicide chez un patron du CAC 40, même pas une dépression à cause de nous chez un petit porteur. Eux, les actionnaires, oui : des suicides, ils en produisent par centaines, des dépressions par milliers. Et pourtant, voilà le paradoxe : c'est nous qui paraissons agressifs.

Tandis que résonne une salve d'applaudissements, Christophe me confie à l'oreille : « C'est fou, quand même, les actionnaires, tu leur dis que tu as failli crever, ils sifflent ! »

Dans Fakir, les articles sont écrits avec le coeur. Ainsi ce reportage sur la dernière assemblée générale du groupe Casino, à laquelle participaient des gens du journal (Fakir, comme Là-bas si j'y suis, ou d'autres méchants justiciers, est devenu actionnaire et peut donc jouer les grains de sable dans les pince-fesses habituellement réservés aux profiteurs) qui se sont emparés d'un micro et qui s'en sont donné à coeur joie.

C'est à lire, et à faire lire aux tièdes éternels, ceux qui ne bouent jamais contre les injustices et l’ultra-violence des assassins en cravate. Et en foutant au passage un grand coup de saton dans la télé, tiens, ça peut pas faire de mal.

mercredi 9 juin 2010

12 juin : journée sans boîte à merde !

Visiblement, y en a encore que ça fait chier de se faire enculer par les yeux (putain d'merde, cette phrase est presque aussi vulgaire qu'un poste de télé en marche !)
Voir ici, le programme.

mardi 18 mai 2010

La phobie des isoloirs

J’ai arrêté de voter par instinct plus que de façon purement raisonnée. Je n’aime pas qu’on me prenne pour un demeuré, c’est humain et, depuis le temps que j’étais inscrit sur les listes électorales et que je remplissais mon “devoir” de citoyen, je commençais à l’avoir un peu saumâtre. Je ne trouvais jamais la moindre ressemblance entre les gens qui, comme moi, s’intéressent à la vie de la cité côté rue et ceux qui, en costume-cravate-voiture de fonction-mains manucurées qu’on voit aimables et souriants au sortir des bureaux de vote les jours de victoire électorale, bombent le torse devant les caméras et se réclament de MON bulletin de vote pour justifier toutes leurs saloperies à venir.

Sans compter que le consensus m’a toujours gêné – physiquement, je veux dire. Quand dans une discussion, l’assemblée se rejoint sur une position, c’est plus fort que moi, je rougis, j’ai l’œil qui pique, je ne sais plus où me mettre, en un mot, je suis gêné. Et, quel que soit réellement mon avis – pour peu que j’en aie un, ce qui est rare - sur la question abordée, je me débrouille pour balancer une vanne ou poser une question ayant pour but de contrebalancer la honteuse unanimité. Or, au hit parade des chefs qui opinent et des moues qui acquiescent, qui fait un plus gros tabac que “L’important, c’est de voter”, “Des gens se sont battus pour que nous puissions aller voter”, “Bon dieu, Le Pen a failli passer à cause de ces salauds d’abstentionnistes” ? LÀ, ça con sans suce méchamment… D’où aussi, sans doute, ma petite allergie à l’isoloir.

Bref, ça turbinait méchamment sous mon grand front (j’ai un grand front, c’est pas la chimio, c’est sans doute le vent d’ouest, je sais pas bien, en tout cas ça va pas en s’arrangeant) et la goutte d’eau a été, en 2008, le coup de force de nos parlementaires en vue de la ratification du Traité de Lisbonne, contre lequel je croyais pourtant bien avoir voté, et si je n’m’abuse on était un sacré paquet dans le même cas, paraît même qu’on était une majorité. J’en ai déjà parlé (ici).

Bref, tout ça pour arriver à ma lecture, ce matin dans le métro, d’un article qui m’a bien plu : une chronique du respectable Alain Accardo dans l’excellent mensuel “La Décroissance” (n° 26, mai 2010). Chronique que, sans vergogne, je reproduis ci-dessous. Parce que c’est pas tous les jours que je trouve dans les pages d’un journal le reflet d’une part de moi-même.

La Décroissance 69 - mai 2010 - Alain Accardo 
(Cliquer sur l’article pour le lire)